Les entraîneurs sont-ils assez supervisés pour encadrer nos jeunes sportifs?

Réflexion suite à mon alerte Google sur « abus et sport »

En fait, depuis des mois j’évite de lire quoi que ce soit au sujet de l’abus et de la violence dans le sport ou en général, car à force d’en parler et d’entendre les confidences, c’était devenu lourd pour moi. Je vivais beaucoup d’impuissance et d’émotions qui résonnaient avec ma propre expérience sportive et familiale qui se sont accumulés.

Pour être honnête, j’ai dû m’occuper de ma santé mentale. Après un bon repos qui continue, par la force des choses et du coronavirus… J’ai le temps de faire beaucoup de réflexion, d’introspection et de méditation quotidienne. Je me sens maintenant en équilibre et plus prête que jamais à partager mes opinions à partir de mon expérience personnelle sportive et professionnelle, et non plus sous le chapeau d’une ambassadrice, de Co-créatrice de Sport ‘Aide ou de la femme d’un entraîneur ou encore la maman de 2 sportives.

Juste selon Guylaine Dumont. 

C’est le message qui ressort de ma réflexion ; me servir de mon bagage, et même mon chapeau à moi, pour moi et pour ma guérison et celle des gens qui me liront ou entendront.  

Ma réflexion, je la fais suite à la lecture de cet article :

https://www.abc.net.au/news/2020-03-10/scott-volkers-charges-dropped/12041886

« Les accusations contre l’entraîneur de natation Scott Volker ont été suspendues de manière permanente et ne seront pas poursuivies après qu’un tribunal a jugé qu’il serait « injuste et injustement injustifié » de l’autoriser à être poursuivi pour des allégations sexuelles d’enfants. »

Lorsqu’il y a des accusations au sujet d’un entraîneur qui aurait des comportements, des attouchements ou des paroles inacceptables à connotation sexuelle qui concernent plusieurs athlètes, la fédération devrait agir, être transparente et congédier sans équivoque. On voit trop d’entraîneurs passer d’un pays (clubs) à l’autre. Et dépendant de l’âge et de la gravité de la situation, voir si cet entraîneur est récupérable.

Je dis « sexuel », mais si ce sont des paroles blessantes, humiliantes ou dégradantes (harcèlement ou abus) ; l’entraîneur devrait être rencontré, RECADRÉ et ENCADRÉ. S’il n’a pas l’humilité d’avouer qu’il a été trop loin et s’il n’a pas la volonté de réparer ou de travailler sur lui, il devrait être licencié avec un « red flag » (traces).

J’ai connu ces dernières années des parents déchirés, impuissants qui voyaient clairement le gâchis de ces entraîneurs qui pour les dirigeants étaient trop « compétents », indispensables malgré le manque de respect, d’éthique et d’équité et les séquelles sur les jeunes sportifs. Et ça me tue lorsqu’on me dit, mais ce sont des adultes… car ils ont 18 ans et ils ne devraient pas embarquer dans ces histoires ou se laisser dire ou faire ces choses-là, car ils sont assez vieux !

Il devrait y avoir un « plan de match » selon la gravité ; en leur donner un suivi avec un psychologue et aussi des rencontres avec un mentor, des questionnaires avec les athlètes touchés, un compte-rendu mensuel, etc… Il est important qu’il y ait un SUIVI, des devoirs à faire et des conséquences si non faits !!!

Je n’en veux pas aux entraîneurs ; c’est plutôt le système qui fait défaillance.

Merci au gouvernement du Québec pour leur initiative du 20 octobre 2017 : Ligne d’écoute, les ambassadeurs de l’esprit sportif et la plateforme « sportbienetre.com », mais y a du boulot à faire. Et c’est plus compliqué qu’on pense. Il faut penser à donner des subventions à la base afin que les premiers pas des athlètes soient positifs et encadrés par une personne compétente.

Les coaches sont trop souvent laissés à eux-mêmes et ils y vont selon leur modèle ou agissent ainsi depuis des années sans conséquence… Pourquoi changer ce qui leur semble normal si personne ne leur dit, ni les victimes, ni les gens autour… Cercle vicieux.

Pour les jeunes entraîneurs ou au niveau scolaire, ils n’ont la plupart du temps, pas de formation, pas d’argent et/ou un manque d’encadrement.

Quelques exceptions existent heureusement, car j’ai la chance d’être invité un peu partout au Québec en tant qu’ambassadrice de l’ #esprit sportif et j’en vois qui le font et qui encadrent et recadrent les entraîneurs de leur club, de leur école.

Dans cet article : On devrait se poser la question : pourquoi un coach avec tant de succès a quitté son pays (son club, son équipe) et cessé d’entraîner des athlètes/équipes performants par exemple ? Il y a quelques exemples ces dernières années…

J’ai déjà vu qu’on mettait ça sur le dos qu’ils arrêtaient de coacher pour s’occuper de leur famille… ou l’organisation ne dit rien du tout, pas d’explication au public.

On protège la réputation des entraîneurs et les victimes doivent se taire. J’avoue que c’est délicat pour avoir été pris là-dedans à quelques reprises dans différents rôles…

Il est facile d’entraîner des athlètes internationaux, collégiaux, universitaires quand tout va bien et où ces athlètes veulent gagner le titre du championnat canadien ou les Jeux Olympiques. Ces athlètes feront et endureront tout pour y arriver. Ça doit être normal alors on normalise et on banalise… même dans l’environnement de l’entraîneur. On le démolira lorsque ça ira moins bien, mais personne n’osera aller le confronter… même pas les dirigeants. On devient proche, se sont souvent de vieilles relations. Il ne faut pas oublier que ce sont des êtres charismatiques et passionnés. Ça devient une petite famille… ou on fait semblant de ne pas voir l’inceste ou la femme battue. Celle-ci le cache si bien que quelques fois sous le poids de la douleur, elle échappe des confidences qui nous rendent impuissants et bouleversés. Si on veut la sortir de là, elle nous dira qu’il est gentil, qu’il s’est excusé, qu’il changera, qu’elle a ses torts… Bref, elle restera. Je connais ça… c’était le pattern de ma mère et mon père. On vivait sous le régime de la peur et de la lune de miel ou du silence après l’horreur.

Pourquoi certains entraîneurs passent d’un club à l’autre en ayant du succès…

Je conviens que certains coaches veulent vivre une expérience outre-mer ou ont besoin de changement.

Je suis très consciente que mon opinion est drastique, mais dans mon expérience, il y a eu trop de cas où le système (club, fédé, CA) avait écho des rumeurs, mais plutôt que de remercier, d’investiguer en profondeur, de superviser l’entraîneur, ils ont préféré attendre…

Ils avaient peur de porter atteinte à la réputation après tout c’était un bon gars, un bon entraîneur…

Ce sont les victimes qui paient la facture, mais pas seulement les victimes directes ; pensez à Lyne Bessette… pensez aux parents qui se sentent impuissants.

Vous avez raison, sinon ça serait facile à régler, mais regarder l’impact sur les coéquipiers et même sur les assistants entraîneurs et le personnel de soutien !

Voici un podcast intense et authentique de Geneviève qui était un enfant lorsque les abus ont commencé :

https://www.velomag.com/actualites/le-blogue-de-david-desjardins/emprunt-usuraire-de-genevieve-jeanson/

Les entraîneurs choisissent inconsciemment ou non les athlètes vulnérables, silencieux ; ceux et celles qui ne se révolteront pas même si traité comme une ou un moins que rien. Moi, avant mes entraîneurs intenses, j’avais été élevé par un homme dur et violent donc ça me semblait normal. Mais à cause de la disparition de ma sœur Nathalie, j’ai pris du pic… je me suis rebellée.

Je pourrais vous écrire un long chapitre sur ce point…

Si l’abus s’adressait à tous les athlètes du club ou de l’équipe ça ne se produirait pas. J’en ai connu des filles qui adulaient des entraîneurs qui abusaient sexuellement ou psychologiquement leurs coéquipières.

Est-ce que l’athlète est conscient(e) que c’est un manque d’éthique pour un coach de « flirter » ou d’embarquer dans le jeu de la séduction ? Non

Et ce, même si vous recevez des avances de votre athlète ! Je me suis déjà fait dire que c’est humain de succomber…

Et ce, peu importe l’âge… certains pouvaient juger les victimes d' »agace », de faibles ou de « fuckées ».

Je vous le dis lorsque tu vis de l’abus, de l’intimidation, de la violence ; tu peux devenir « fucké », vulnérable, et ton estime dégringole. Bon, j’arrête ici, car je pourrais écrire des paragraphes.

En général, les victimes suite aux abus/harcèlement sexuels, peuvent avoir des problèmes de santé mentale qui peuvent prendre des années à se développer (). Cycle vicieux, car elles n’ont pas la force de dénoncer le harcèlement psychologique de leur entraîneur après une relation incestueuse. Ou encore de « backer » quand quelqu’un essaie de prévenir la fédé de leur confidence. Après tout lorsque tu as 21 ans et que ça fait 5 ans que tu as une aventure/relation avec ton entraîneur marié ; ça dérange l’équilibre de ta santé mentale !!

Voici un classique que j’ai vécu personnellement : après une rencontre avec les dirigeants, ils faisaient venir l’entraîneur dans leur bureau. Malgré, qu’ils étaient outrés et scandalisés de mon témoignage et de l’alarme que je sonnais, je n’avais plus de nouvelles par la suite. NIET ! Et l’entraîneur était réintégré.

LA LOI DU SILENCE ET DE L’IGNORANCE.

Après tout, ce ne sont que des rumeurs… Pensez-y-bien ? Et les victimes sont souvent trop faibles ou veulent simplement oublier ces cauchemars ou ces erreurs de s’être fait ensorceler.

Dans mon expérience, ces types de personnalité ensorceleurs (abuseurs) sont capables de faire changer l’opinion de n’importe quelle personne, même l’opinion de la victime… J’ai même vu un parent un haut placé de la police provinciale, découvrir que l’entraîneur en qui, il avait confiance avait pris avantage de son adolescente dans son propre sous-sol ! GROOMING…

En fait, on pourrait dire que les abuseurs sont des genres de Messmer/magicien, capable d’hypnotiser leurs victimes (…), mais aussi les gens dans l’environnement de la victime (GROOMING en anglais, il prépare le terrain).

Voilà, pourquoi se sont souvent des personnes près des enfants ici athlètes… et que je le compare à de l’inceste.

N’oublions pas, que pour un sportif, l’entraîneur prend souvent un rôle plus important que leurs propres parents.

Ainsi, ça devient très difficile pour le lecteur, les spectateurs, les autres entraîneurs, les dirigeants qui idolâtrent ces personnages charismatiques de faire la part des choses, car ils ne peuvent pas imaginer que ce charmant être humain ait pu agir ainsi. Mon père était très charismatique, généreux, patient avec ces amis… mais entre 4 mures, il se transformait. Et personne n’a jamais osé le recadrer… pour toutes les raisons que je vous ai déjà parlé dans cet article. Un(e) athlète/victime a beaucoup de points en commun avec une femme battue ou un enfant qui a été maltraité.

Ces entraîneurs abusifs sont souvent très sympathiques, drôles, généreux, compétents, attentionnés, perfectionnistes, passionnés et bon vendeur. Je ne dis pas que ceux et celles qui ont ces critères le sont, car lorsque c’est sain, ce sont les meilleurs coaches au monde.🌞

En passant, personne n’est parfait !

La conscience de ce qui doit être changé, l’ajustement, la communication et l’humilité, devient dans mon humble opinion, des ingrédients essentiels pour changer un comportement ou pour être coach aujourd’hui.

Je suis mariée à un entraîneur depuis 21 ans… ♥️ et il n’est pas parfait, mais il continue à cheminer, se remettre en question, communiquer et s’ajuster aux athlètes ! Excusez ce long post !

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